L'énergie

L'énergie

Plus le temps passe, plus les sources d'énergie se diversifient. Aujourd'hui, nous parlons d'énergie solaire, éolienne, géothermique, hydraulique ou fossile. Nous discutons également d'énergie renouvelable, non renouvelable et d'efficacité énergétique. Ce qui est sûr, c'est que  l'énergie est toujours au centre de nos vies, mais savons-nous nous y retrouver? Voici des pistes.

Plus de ressources
La valise OOWatt – Matériel pédagogique
La valise OOWatt – Matériel pédagogique

Des valises pleines d’énergie! Primaire – 5e et 6e année

  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
0 vote
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Place à la relève
Place à la relève

« Moi, plus tard, je prendrai soin des caribous… »

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
1 vote
255
La forêt

La forêt

Elle fait partie de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Elle a commencé par nous indiquer où construire nos villes et nos villages, puis elle a meublé nos maisons, nous a donné des jouets, des outils, des loisirs et du travail, beaucoup de travail. Mais la forêt est aussi un écosystème fragile qui permet à des centaines d'espèces fauniques de survivre et de se reproduire. Et parfois, elle tombe malade ou succombe au feu. Découvrez les mille et un visages de la forêt québécoise!

Plus de ressources
Nos conifères – Affiche
Nos conifères – Affiche

Quand l’image d’un sapin baumier vaut mille mots

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
7 votes
255
Nos feuillus - Affiche
Nos feuillus – Affiche

Les feuillus de la forêt québécoise sous la lentille du photographe

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
5 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Nos conifères – Affiche
Nos conifères – Affiche

Quand l’image d’un sapin baumier vaut mille mots

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
7 votes
255
Nos feuillus - Affiche
Nos feuillus – Affiche

Les feuillus de la forêt québécoise sous la lentille du photographe

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
5 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Le territoire

Le territoire

Il est fait de forêts, de montagnes et de collines, de sommets et de plaines, de rives, de rivières, de lacs et de ruisseaux, d'îles et d'archipels, de grottes et de péninsules. Il est habité ou cultivé, construit et arpenté de long en large, ou encore inexploré. Vu du ciel, il affiche ses reliefs. Cartographié, il définit ses limites. Photographié, il laisse voir ses secrets. Découvrez les multiples aspects du territoire québécois en compagnie des experts du Ministère oeuvrant dans les secteurs du Foncier et du Territoire.

Plus de ressources
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Place à la relève
Place à la relève

« Moi, plus tard, je prendrai soin des caribous… »

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
1 vote
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Place à la relève
Place à la relève

« Moi, plus tard, je prendrai soin des caribous… »

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
1 vote
255
La faune

La faune

Pendant que des centaines de milliers de caribous courent sur les plaines du Grand-Nord, les tortues des bois tentent de survivre malgré la disparition progressive de leur habitat, les orignaux appréhendent la saison de chasse et les salamandres pondent leurs œufs. Ce qu'ils ignorent tous, c'est qu'ils sont observés avec discrétion, et étudiés avec science et patience. Découvrez tous les fruits de l'observation scientifique de la faune du Québec!

Plus de ressources
La faune et vous
La faune et vous – Programme éducatif

Assurer la pérennité de la faune, c'est aussi l'affaire des jeunes!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
23 votes
255
Benoît Fortin – Agent de protection de la faune
Benoît Fortin - Agent de protection de la faune

Par amour de la faune, par respect pour la richesse de nos milieux naturels

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
11 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
La faune et vous
La faune et vous – Programme éducatif

Assurer la pérennité de la faune, c'est aussi l'affaire des jeunes!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
23 votes
255
Benoît Fortin – Agent de protection de la faune
Benoît Fortin - Agent de protection de la faune

Par amour de la faune, par respect pour la richesse de nos milieux naturels

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
11 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Les mines

Les mines

La croûte terrestre n'est, en proportion, pas beaucoup plus épaisse que la pelure d'une pêche. Mais aussi mince soit-elle, elle contient tous les minéraux dont nous avons besoin au quotidien, à la maison ou au travail : du fer, du cuivre, du zinc, du nickel ou du mica, entre autres. Elle contient même de l'or! En tout, plus de 3 000 espèces de minéraux se cachent dans notre écorce terrestre qui, souvent, se détache en morceaux pour former de petites ou grandes roches. Découvrez votre sous-sol!

Plus de ressources
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Guide pratique d’identification des cailloux
Guide pratique d’identification des cailloux

Partout et dans tout, il y a des roches, mais elles ne disent pas toutes la même chose !

  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
3 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Cartographie
Vues d’ensemble du Québec

Jetez un coup d’œil au territoire québécois ou scrutez-le à la loupe!

  • 1
  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
6 votes
255
Guide pratique d’identification des cailloux
Guide pratique d’identification des cailloux

Partout et dans tout, il y a des roches, mais elles ne disent pas toutes la même chose !

  • 1
  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
3 votes
255
Portes ouvertes virtuelles
Place aux experts

Ils vivent des rêves professionnels; découvrez leur quotidien hors norme.

  • 1
  • 1
  • 0
  • 0
  • 0
6 votes
255
Nos chroniques

Recherche avancée

Nos chroniques

Capsules

1 août 2016

Pleins feux sur... la tourte voyageuse

La tourte voyageuse (Ectopistes migratorius) et toi

Tourte voyageuseLa tourte voyageuse était l’espèce d’oiseau la plus abondante sur la Terre au XIXsiècle! Elle se trouvait seulement chez nous, en Amérique du Nord. On a estimé que sa population était de trois à cinq milliards! Cette espèce, Ectopistes migratorius, est aujourd’hui disparue de la planète. Le 1er septembre 1914, la dernière tourte voyageuse, une femelle surnommée Martha, s’est éteinte au zoo de Cincinnati en Ohio. Elle était âgée de 25 ans. Comment expliquer une telle disparition en si peu de temps? Que savons-nous de cette espèce?

L'habit ne fait pas le moine!

Ectopistes signifie en grec « voyageur » et migratorius veut dire « migrateur ». La tourte était une grande voyageuse et ses mouvements ne passaient pas inaperçus! Les tourtes se déplaçaient en immenses groupes lors de la migration. Oiseau au vol puissant, la tourte pouvait atteindre près de 100 km/h en vol. Les tourtes avaient plus de facilité à vivre en gros groupe. En se déplaçant en grand nombre dans les airs, elles couvraient beaucoup de territoire à la fois et pouvaient repérer plus rapidement et plus facilement les endroits où elles pouvaient se nourrir et se reproduire.

La tourte nichait en immenses colonies. La plus grande colonie jamais observée se trouvait au Wisconsin. En 1871, elle couvrait 2 200 km2 et on estima à 135 000 000 le nombre d’adultes l’occupant. Après leur passage, les tourtes laissaient derrière elles des scènes de désolation. Dans la forêt, les fientes couvraient les branches et s’accumulaient au sol sur un mètre d’épaisseur, ce qui s’avérait fatal pour les arbres. Sans parler de la chute des arbres qui pouvait en tuer des centaines. Après la période de reproduction, les adultes et les jeunes vivaient en groupes distincts. Ils se retrouvaient à l’automne pour la migration vers le sud.Pigeon biset

Tourterelle tristeLa tourte était aussi appelée le pigeon voyageur. Il y avait donc parfois de la confusion avec le pigeon biset. Ce sont deux espèces différentes. Le pigeon biset est un oiseau originaire d’Europe, domestiqué et introduit en Amérique du Nord au XVIIe siècle. La tourte ressemblait à une tourterelle triste, mais de plus grande taille (41 cm chez les mâles, 35 cm chez les femelles). C’était un oiseau fort élégant.

Aire de répartition de la tourte voyageuseLa tourte était une espèce indigène et elle occupait le continent en grand nombre. Elle habitait tout l’est de l’Amérique du Nord jusqu’à la baie d’Hudson et à l’ouest jusqu’aux prairies. Elle est l’espèce éteinte pour laquelle nous possédons le plus d’information en Amérique du Nord. Les données historiques comptent une foule de témoignages indépendants.

La première mention de la tourte est celle de Jacques Cartier, sur l’île du Prince-Édouard en 1534.

En 1605, Champlain en vit une grande quantité dont il fit provision sur les îles du Maine.

En 1636, dans les écrits des Relations des Jésuites, il est question des Hurons et de leur culte aux morts. Les âmes quittant le cimetière sont transformées en tourtes qui seront poursuivies dans les bois avec des arcs et des flèches et seront mises à griller et mangées.

En 1662-1663, l’abondance de la tourte est mentionnée de même que les dommages causés aux récoltes par les oiseaux et leur chasse par les paysans qui les consomment. En 1686, elles sont même excommuniées par le prêtre!

En 1672, Nicolas Denys de Gaspé mentionne qu'il y a d’innombrables oiseaux qui viennent se nourrir des framboises.

Le 22 juin 1710, à Montréal, l'intendant Antoine-Denis Raudot a signé une ordonnance qui défendait à ceux qui allaient à la chasse aux tourtes d'entrer dans les terres ensemencées de blé, pois et autre grains.

Le 10 mai 1748, l'intendant Hocquart défendait de chasser les tourtes sur la terre de J.-B. Hervieux à la Pointe-aux-Trembles, à cause des dommages que l’on causait aux bois et aux semences.

En 1749, le naturaliste suédois Pehr Kalm écrivait lors de son passage au Québec : « Pigeons sauvages. Les Français les appellent Tourte; ils disent qu’en été les grandes forêts et terres vierges d’ici en renferment une quantité infinie et que ces oiseaux font leurs nids dans les arbres; ils en obscurcissent le ciel; dès qu’il commence à faire froid, ils quittent cette région en direction du sud et l’on n’en rencontre plus ici avant le printemps suivant ».

En 1810, l’ornithologue d’origine écossaise Alexander Wilson fait une description de la migration des oiseaux aux États-Unis. Il estima à 2 230 272 000 le nombre d’individus dont le passage dura trois heures.

Un autre naturaliste, John J. Audubon, décrivait un passage semblable à celui observé par Alexander Wilson. En 1813, il observa une migration d’oiseaux continue pendant trois jours. Il a réalisé une peinture d’un couple de tourtes. Le Musée de la civilisation en possède  une toile.

En 1860, plus d’un milliard de tourtes ont survolé la ville de Toronto.

En 1866, King donne une description du passage de tourtes qui durera 14 heures dans les environs du Niagara. La volée d'oiseaux faisait treize kilomètres de long.

Le Naturaliste canadien est une revue scientifique canadienne de langue française créée par l’abbé Léon Provancher en 1868. Dans un numéro sur la faune canadienne paru en 1872, on peut lire ceci : « Les tourtes, bien qu’elles ne puissent être dites rares aujourd’hui, à Québec, sont cependant beaucoup moins communes qu’elles ne l’étaient il y a une trentaine d’années. On ne les voit guère plus aujourd’hui opérer leurs migrations par bandes immenses, et s’offrir au chasseur en telle quantité, qu’il ne savait souvent comment disposer d’une telle abondance. »

Charles-Eusèbe DionneCharles-Eusèbe Dionne, naturaliste et conservateur du Musée des sciences du Séminaire de Québec, en parle dans son livre de 1883. « Ce pigeon, connu sous le nom de tourte, est beaucoup moins commun aujourd'hui qu'il ne l'était au commencement de ce siècle; alors les paysans les tuaient par centaines. Aujourd'hui, il faut que les éclats du tonnerre les fassent déserter nos montagnes, pour que nous en voyions quelques petites bandes à la lisière des forêts. »

En Ontario, la dernière mention de la nidification de seulement 20 oiseaux a eu lieu dans le comté de Frontenac en 1898.

En 1902, le dernier spécimen vivant a été observé en Ontario.

En 1906, Charles-Eusèbe Dionne dans son ouvrage Les oiseaux de la province de Québec, écrit : « Maintenant, et depuis un bon nombre d’années, elles sont à bien dire, totalement absentes de notre province; les derniers spécimens que je me suis procurés ici remontent à plus de vingt ans; ils avaient été tués dans la forêt en arrière de Charlesbourg, et depuis, il ne m’a plus été possible de m’en procurer. »

À la fin du XVIIIe siècle, les effectifs d’oiseaux observés au printemps avaient déjà considérablement diminué. Quand les colons vont cultiver les grains, les oiseaux vont se rabattre sur leurs récoltes et causer des dommages. Ils vont devenir alors une nuisance pour les paysans. Lorsqu’elles se nourrissaient dans les champs fraîchement semés, le sol devenait bleu. Les oiseaux à l’arrière s’envolaient pour aller se déposer à l’avant, il y avait un mouvement continuel jusqu’à ce que tout le champ soit pillé. Un témoin a raconté que les oiseaux avaient mangé tous les pois semés à la volée dans le champ. Plus tard, lorsque les tourtes allèrent boire, les pois ayant gonflé dans leur gésier causèrent leur mort. Leur gourmandise les tuait!

À la recherche de nourriture, la tourte commençait à arriver au Québec en mai et c’est en septembre que les effectifs étaient les plus nombreux. Quand les pigeons arrivaient, tout le monde se mobilisait pour la chasse et tous les moyens étaient bons pour profiter de cette manne qui tombait du ciel. 

.

Tous les goûts sont dans la nature!

Au Québec, on utilisait plusieurs techniques de chasse : le rets à la passée, le tir à la volée, la geôle, le coup de bâton, la lignette!

Le rets à la passée
Le rets à la passée et la geôle permettent de capturer des tourtesInspiré d’un piège utilisé par les Iroquois, le rets consistait en un système de bâtons, de poulies et de filets qui étaient rabattus sur les oiseaux qui passaient. Plusieurs centaines d’oiseaux pouvaient être capturés à la fois.

La geôle
Un bâton muni de petits perchoirs sur lesquels les oiseaux viennent se poser est installé dans la forêt. Le chasseur a alors à portée de fusil plusieurs tourtes qu’il peut abattre d’un coup. Il n’était pas rare de voir tomber une quarantaine d’oiseaux à la fois!

Le tir à la volée
Les gens tiraient de partout, dans les champs et les forêts mais aussi dans les villes et même des fenêtres! Le danger de mettre le feu aux toitures des maisons ou des granges était réel. Il faut se rappeler le type d’arme utilisé, à chargement par la bouche, qui était doté d’une bourre, un morceau de tissu qui une fois enflammé retombait au sol. Les soldats étaient les plus fervents tireurs et l’intendant eut à interdire de tirer du haut des remparts sous peine d’emprisonnement, sauf pour les soldats du roi.

Le coup de bâton
Inutile de donner une description… Les gens se munissaient de bâtons et frappaient les oiseaux.

La lignette
On chassait la tourte avec une lignette à l’île d’Orléans.

Lignette pour capturer des tourtesLa tourte avait une valeur alimentaire pour les autochtones qui en consommaient de grandes quantités en plus de se faire des réserves d’huile à partir de la graisse des pigeonneaux. Les gens les cuisinaient en « pot-pie » ou tourtière au Québec et en Ontario. On utilisait de la pâte, un peu de lard et on y déposait les poitrines de l’oiseau. On les faisait rôtir, frire dans leur graisse, en soupe, en ragoût. On les enveloppait d’argile et on les déposait dans les braises d’un feu lors d’excursions de chasse. On les conservait dans le sel pour l’hiver. Des livres de recettes proposaient différentes façons de la cuisiner.

« Tout paysan avait alors la tourte au pot, et nulle fille de ce temps ne se mariait sans apporter en dot un lit de plume et des oreillers aussi, ce beau temps n'est plus, mais... on se marie toujours » (MONTIGNY, B. A. T. La Colonisation - Le nord de Montréal. Montréal, 1896).

Panier pour transporter les tourtes chasséesEn Ontario des barils contenant de 100 à 120 oiseaux étaient expédiés vers Buffalo et New York, mais aussi vers Toronto et Montréal. Des jeunes garçons grimpaient aux arbres et assommaient les pigeonneaux d’un coup de bâton. Ils recevaient 1 cent par oiseau et, les bons soirs, un garçon pouvait se faire jusqu’à 3 $. Ils déposaient les oiseaux morts dans les paniers.

Les prix variaient : Au Canada, de 5 cents à 25 cents la paire et 10 $ la centaine. Aux États-Unis, 35 à 50 cents/douzaine. Au marché de Chicago, 50 à 60 cents/douzaine. Dans les restaurants, les oiseaux étaient considérés comme un délice. On pouvait aussi les vendre vivants et en obtenir un meilleur prix.

Concours de tir et de chasseDes tournois de tir et de chasse étaient fort populaires. Les tourtes étaient capturées vivantes en grand nombre pour approvisionner les adeptes des concours de tirs. On utilisait les oiseaux vivants comme leurre pour attirer les autres. L’expression « stool pigeon » en anglais tire d’ailleurs son origine de cette pratique. L’opinion publique jugea cette pratique cruelle et les tourtes furent peu à peu remplacées par des rondelles d’argile. L’activité fut également pratiquée au Canada mais avec moins d’importance.

Il parait que

.

La tourtière désigne l’ustensile de cuisine dans lequel on faisait cuire les tourtes pour en faire des pâtés.

Tourtière

...

..

1...

Le Royal Ontario Museum possède la plus grande collection de tourtes voyageuses au monde (spécimens, ossements, peintures, etc.).

.

La tourte a donné son nom à plusieurs lieux au Québec, dont le pont de l’île aux Tourtes dans la région de Montréal. 

.

En 1871, dans la grande colonie du Wisconsin, plus de 1 200 000 tourtes furent tuées par 600 chasseurs commerciaux.

.

On pourrait « ressusciter » l’espèce grâce au progrès de la génétique! Prochaine capsule pour l’Halloween, rendez-vous en octobre!

C’est particulièrement aux États-Unis que la chasse connut sa plus grande popularité à partir de 1850, en particulier la chasse commerciale. Les chiffres sont fabuleux! Il y aurait eu plus de 5 000 chasseurs commerciaux qui pouvaient gagner de 10 $ à 40 $ par jour, une somme considérable à l’époque. Lorsqu’on trouvait un site occupé par les oiseaux, on s’empressait de se rendre sur place pour les chasser. C’était un événement festif où plusieurs participaient aux différentes opérations : chasser les adultes, tuer les jeunes tombés du nid, récupérer les oiseaux morts pour les éviscérer et les mettre à cuire de diverses façons. Outre les techniques de capture au filet, on allait même jusqu’à incendier les boisés. Les oiseaux brûlés étaient récupérés le lendemain. Les arbres étaient systématiquement abattus, de manière à les faire tomber les uns sur les autres et avec eux des milliers d’oisillons encore au nid. Plus de 2 500 oiseaux pouvaient être tués par jour.

À l’arrivée des premiers colons, l’est de l’Amérique du Nord était couvert de forêts matures d’arbres feuillus : hêtre, chêne, châtaignier. Les arbres étaient âgés et de grande taille et produisaient beaucoup de noix. Les nouveaux arrivants ont défriché le territoire pour le transformer en terres agricoles. On avait aussi besoin de bois de chauffage, alors les chênes et les châtaigniers étaient prisés. Les vieilles forêts ont disparu et les arbres de plus de 30 ans aussi. Le paysage a changé radicalement. En 1880, plus de 80 % de la forêt originale avait disparu! Or ce sont les arbres les plus âgés qui produisent le plus de noix. De plus ces espèces prennent du temps à pousser… La perte de la forêt avait un impact sur la disponibilité de nourriture et sur l’habitat.

Dès que les énormes regroupements de tourtes ont été réduits à de petits groupes, ce fut le début de la fin pour cette espèce. La tourte avait besoin d’un seuil minimum d’individus pour trouver sa nourriture et se reproduire. Ce seuil minimum semble avoir été atteint et les tourtes n’ont pas réussi à s’adapter à cette diminution. En deçà d’un certain nombre d’individus, l’espèce n’était plus viable.

Pour sauver les tourtes dont le nombre diminuait grandement, on se tourna du côté des lois. C’était trop peu, trop tard…

Spécimen mâle de tourteAujourd’hui, il reste quelques spécimens naturalisés conservés précieusement dans des musées tel que le Musée François-Pilote à La Pocatière. Il y a également le Musée de la Nature et des Sciences de Sherbrooke qui possède un spécimen mâle, un spécimen femelle et un œuf!

Les zooarchéologues trouvent parfois des os de tourtes parmi tous les ossements d’animaux lors des fouilles de sites historiques, comme par exemple, à la Place Royale de Montréal et à l’île aux oies dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent. Ces vestiges sont conservés à l’ostéothèque de Montréal, une véritable bibliothèque d’ossements!

La tourte voyageuse a été désignée comme espèce disparue par le COSEPAC en 1985.

En 1989, la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec (LEMV) est adoptée. Nous célébrons le 25e anniversaire de cette loi en 2014.

Aujourd’hui une telle histoire pourrait-elle se reproduire?

Pour en savoir plus

vidéo traduite du Projet Passenger Pigeon
pour commémorer la disparition de la tourte (en anglais)

Futura - Sciences
Il est mort, le pigeon migrateur américain

Mémorium - Pour se rappeler d'espèces animales disparues
La tourte

Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française
Origines de la Tourtière du Lac-Saint-Jean

Spécimens naturalisés

Martha

Fold the flock
Projet d'origami

Smithsonian Libraries
Documentaire sur la disparition de la tourte voyageuse et les défis actuels de la conservation des espèces From billions to none (en anglais)
Exposition Once there were billions (en anglais)

The lost bird
Un film aventure où un sculpteur a créé 5 oeuvres d’oiseaux disparus de notre continent et il les a placés en des lieux publics.

Fiches d'information
Carnets d’histoire naturelle

Cornell Lab of Ornithology

.

Jeux

.

Profs

.

Retour à la liste des Pleins feux sur... et leurs Croisades
Retour aux Pleins feux sur... et leurs Croisades

  • Captcha

Partagez : 

  • Facebook
  • Twitter
  • Courriel

Partager à un ami

  • Captcha

Mots clés :

faune, pleins feux sur

Plein de ressources, c'est…

…l'album photos de la faune québécoise, l'encyclopédie de nos ressources naturelles, l'atlas détaillé de notre territoire, le répertoire des métiers qui font bon ménage avec la nature… et votre première source d'idées, d'information et de matériel éducatif. Suite »