L'énergie

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Plus le temps passe, plus les sources d'énergie se diversifient. Aujourd'hui, nous parlons d'énergie solaire, éolienne, géothermique, hydraulique ou fossile. Nous discutons également d'énergie renouvelable, non renouvelable et d'efficacité énergétique. Ce qui est sûr, c'est que  l'énergie est toujours au centre de nos vies, mais savons-nous nous y retrouver? Voici des pistes.

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1 mai 2018

Pleins feux sur... les animaux en danger : les moules d'eau douce

Moules d'eau douceLes moules d'eau douce et toi

Nous sommes plus de 300 espèces en Amérique du Nord, tandis que dans toute l’Europe il y en a seulement une douzaine. Une cinquantaine d'espèces sont canadiennes et on en dénombre 21 au Québec. Nous sommes un des groupes d’animaux les plus en danger en Amérique du Nord, toutes espèces animales et végétales confondues. Plus de 70 % d'entre nous pourraient disparaître. Bienvenue dans le monde méconnu de la faune malacologique dulcicole!

L'habit ne fait pas le moine

Ça sonne bien n'est-ce pas : faune malacologique dulcicole! Ça fait très sérieux! Il s'agit en fait des moules d'eau douce indigènes ou mulettes. Nous sommes des animaux invertébrés à l'anatomie et au mode de reproduction très particuliers, nous avons d'ailleurs fait l'objet d'une autre capsule. Je vous rappelle que nous sommes des bivalves, car notre corps est formé de 2 coquilles. À l'intérieur, nous avons tous les systèmes nécessaires pour assurer nos fonctions vitales : se nourrir, se reproduire, respirer, etc. Nous sommes pourvues de siphons ultra performants. En une heure, une moule peut filtrer un litre d’eau! Qualinet n'a qu'à bien se tenir!

Vous vous demandez sans doute à quoi ça sert des moules? Laissez- moi vous expliquer. D'abord nous sommes les championnes du nettoyage de notre milieu. Nous aspirons toutes sortes de particules en suspension dans l’eau : le phytoplancton, le zooplancton, les bactéries (coliformes), les détritus et la matière organique, tout y passe! Ce grand nettoyage permet d’augmenter la clarté de l’eau. Cela donne un bon coup de pouce aux poissons prédateurs qui se nourrissent des autres espèces plus petites. Et naturellement notre travail améliore la qualité de l'eau. 

Nous faisons le tri des particules, certaines vont prendre le chemin de notre bouche pour nous servir de nourriture; d’autres ne seront pas retenues et vont être rejetées. Ce sont les pseudofèces, de faux excréments car ils ne sont pas passés par notre système digestif. Ces pseudofèces ont été recouverts d’un mucus que nous produisons. Ils se déposent au fonds de l’eau sur les sédiments et deviennent disponibles pour d’autres animaux et plantes. Nous leur préparons un buffet dans lequel ils peuvent puiser.

Tout comme les vers de terre, nous faisons aussi un travail de laboureur dans le fonds de l’eau. Nous brassons les sédiments ce qui fait circuler l’oxygène dans le sol. 

Nous sommes un maillon de la chaîne alimentaire. Nous sommes particulièrement appréciées par le rat musqué. Les amas de coquilles ouvertes sur le bord de l'eau, nos cadavres quoi, sont un signe qui ne trompe pas. Les ratons laveur, les loutres de rivière, les visons et les castors sont également des amateurs. Les poissons tels que les carpes, les esturgeons et les crapets mangent également des jeunes mulettes.

Les coquilles des mulettes mortes s’accumulent sur le fond. Elles servent de substrat pour la ponte de certaines espèces de poissons. De plus, les petits organismes comme des larves d’insectes (ex. tubes de larves de trichoptères), y trouvent refuge. 

Pourquoi sommes-nous en danger? Comme nous aspirons tout, nous accumulons aussi les polluants et les métaux lourds dans notre corps (mercure, plomb, BPC, organochlorés, etc.). Certes nous améliorons la qualité de l’eau mais c'est parfois au péril de notre santé et des bêtes qui nous consomment. Nous pouvons devenir des moules toxiques. La cueillette et la consommation des moules d’eau douce est interdite de toute façon, car nous sommes en déclin

Indicatrices de la santé du milieu, nous sonnons l'alarme. Nous vivons longtemps, au minimum 10 ans et jusqu’à 100 ans selon les espèces, et nous sommes plutôt sédentaires. Nous enregistrons l'évolution de l'état de santé ou de détérioration de notre milieu et donc du vôtre. 

Outre la pollution des cours d’eau, certaines pratiques lors des activités forestières et agricoles ont un impact sur mon habitat, le milieu aquatique. Il y a souvent de l’érosion et de l’ensablement dans les rivières en forêt à la suite d’une coupe. En terres agricoles, si on cultive tout près du ruisseau sans laisser une bande de végétation, lors d’une forte pluie le sol labouré est transporté dans le ruisseau. De plus sans bande riveraine, l’eau se réchauffe plus rapidement, il y a également moins d’oxygène dans l’eau plus chaude. Tout cela entraîne la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats.  

Les barrages et les digues nous causent bien des soucis. Ces ouvrages modifient les propriétés chimiques et physiques de l’eau. De plus, ils représentent des obstacles majeurs à la libre circulation des poissons qui sont indispensables pour compléter notre cycle vital. Les changements de niveau d’eau nous affectent également. L’ouverture des vannes d'un barrage a l'effet d'un véritable tsunami qui nous emporte ou nous enterre. Trop de sédiments fins en suspension dans l’eau interfèrent avec la filtration peuvent colmater nos branchies et nuire à notre respiration. Pour ne pas suffoquer dans ce flot de particules, mieux vaut rentrer nos siphons et fermer nos coquilles en attendant que le calme revienne. Pendant ce temps notre croissance est ralentie et notre cycle de reproduction peut être perturbé.

L’introduction d’espèces aquatiques exotiques envahissantes a un impact majeur. La moule zébrée et la moule quagga ont été introduites par l’évacuation des eaux de ballast des navires au début des années 90. Ces moules entrent en compétition avec nous. Elles se fixent sur notre coquille et nous ne pouvons plus nous déplacer. Encore plus dramatique, elles nous empêchent d’ouvrir et de fermer nos valves. Elles nous étouffent et nous affament en plus de nous épuiser, car il faut supporter leur poids. Nous croulons sous la charge et nous devons alors puiser dans nos réserves d’énergie qui diminuent et diminuent au point d'entraîner notre mort. L’impact de ces moules exotiques se fait le plus sentir dans les milieux au fonds sableux ou limoneux. Les larves de ces envahisseurs, qui dérivent dans le courant, doivent se fixer sur une surface solide pour poursuivre leur croissance. Nos coquilles exposées dans le sable leur offrent, bien contre notre gré, cette surface. 

Si les poissons sont menacés, nous le sommes aussi. Nous sommes absolument dépendantes de nos poissons hôtes pour compléter notre cycle vital. Nos larves doivent se fixer sur un poisson compatible pour poursuivre leur développement. 

Les changements climatiques jouent également contre nous. Nous subissons les hauts et les bas de la météo. Oups il pleut, oups il fait chaud, oups c’est la canicule et l’eau baisse, oups un orage violent et un coup d’eau. Le climat est devenu instable et les périodes de pluie diluvienne et de sécheresse sont de plus en plus fréquentes. Tantôt nous sommes délogées par les inondations, tantôt nous sommes exposées en plein soleil! 

Comme si ce n'était pas déjà assez, l'une d'entre nous a connu des heures encore plus sombres. La mulette-perlière de l’Est (Margaritifera margaritifera) est la seule capable de produire des perles d'eau douce de façon naturelle. Cette espèce se retrouve à la fois dans le nord ouest de l'Europe et au Canada. Depuis l'époque de la préhistoire les hommes ont pêché des moules. Les fonds des rivières étaient pillés pour récolter des perles. Mais une moule sur mille seulement produit une perle! Imaginez combien d'entre nous ont été sacrifiées pour rien, afin de parer ces dames de bijoux. Lors du baptême de Louis XIII, Marie de Médicis portait une robe ornée de 32 000 perles d'eau douce. Faites le calcul!

Les perles d'eau douce sont des concrétions naturelles que nous produisons. Nous réagissons à la présence d'un corps étranger, le plus souvent un grain de sable, qui s'introduit entre la coquille et le manteau. Pour nous en débarrasser nous l'entourons de couches successives de nacre, cette matière brillante composée de cristaux d’aragonite qui pare l'intérieur de nos coquilles. Il n'y a pas deux perles d'eau douce identiques! Heureusement, aujourd'hui la très grande majorité des perles du monde moderne sont des perles de culture produites dans des fermes perlières en Polynésie. La perliculture utilise sensiblement les mêmes techniques qu'en nature. Il y a introduction d'un corps étranger dans une huitre. Ce corps étranger est souvent un morceau de coquille de moule d'eau douce! La récolte des coquilles de moules d'eau douce est un marché qui rapporte entre 40 et 50 millions de dollars par année aux États-Unis.

D'autres espèces de moules, ayant des coquilles plus épaisses, ont fait l'objet d'une exploitation commerciale. De 1880 à 1940, dans le bassin du Mississipi, aux États-Unis, il y a eu une véritable ruée vers la nacre. Les moules étaient pêchées pour fabriquer des boutons de nacre et des objets religieux. C'est l'arrivée des boutons en plastique qui a mis un frein à ce commerce.  

Bien que tous ces commerces et cette quête de la perle rare soient choses du passé, ils nous ont grandement affectées. Sans compter tous les dangers auxquels nous sommes confrontées dans ce monde, pas facile la vie des mulettes.

Ça sonne bien n'est-ce pas : faune malacologique dulcicole? Ça fait très sérieux! Il s'agit en fait des moules d'eau douce indigènes ou mulettes. Nous sommes des animaux invertébrés à l'anatomie et au mode de reproduction très particuliers; nous avons d'ailleurs fait l'objet d'une autre capsule. Je vous rappelle que nous sommes des bivalves, car notre corps est formé de 2 coquilles. À l'intérieur, nous avons tous les systèmes nécessaires pour assurer nos fonctions vitales : nous nourrir, nous reproduire, respirer, etc. Nous sommes pourvues de siphons ultra performants. En une heure, une moule peut filtrer un litre d’eau! Qualinet n'a qu'à bien se tenir!

Anatomie d'une moule d'eau douceVous vous demandez sans doute à quoi ça sert des moules? Laissez- moi vous expliquer. D'abord nous sommes les championnes du nettoyage de notre milieu. Nous aspirons toutes sortes de particules en suspension dans l’eau : le phytoplancton, le zooplancton, les bactéries (coliformes), les détritus et la matière organique, tout y passe! Ce grand nettoyage permet d’augmenter la clarté de l’eau. Cela donne un bon coup de pouce aux poissons prédateurs qui se nourrissent des autres espèces plus petites. Et, naturellement, notre travail améliore la qualité de l'eau.

Nous faisons le tri des particules; certaines vont prendre le chemin de notre bouche pour nous servir de nourriture; d’autres ne seront pas retenues et vont être rejetées. Ce sont les pseudofèces, de faux excréments, car ils ne sont pas passés par notre système digestif. Ces pseudofèces ont été recouverts d’un mucus que nous produisons. Ils se déposent au fond de l’eau sur les sédiments et deviennent disponibles pour d’autres animaux et plantes. Nous leur préparons un buffet dans lequel ils peuvent puiser.

Tout comme les vers de terre, nous faisons aussi un travail de laboureur dans le fonds de l’eau. Nous brassons les sédiments, ce qui fait circuler l’oxygène dans le sol.

Nous sommes un maillon de la chaîne alimentaire. Nous sommes particulièrement appréciées par le rat musqué. Les amas de coquilles ouvertes sur le bord de l'eau, nos cadavres quoi, sont un signe qui ne trompe pas. Les ratons laveur, les loutres de rivière, les visons et les castors sont également des amateurs. Les poissons tels que les carpes, les esturgeons et les crapets mangent également de jeunes mulettes.

Tube de larve de trichoptère sur une moule d'eau douceLes coquilles des mulettes mortes s’accumulent sur le fond. Elles servent de substrat pour la ponte de certaines espèces de poissons. De plus, les petits organismes, comme les larves d’insectes (ex. tubes de larves de trichoptères), y trouvent refuge.

Pourquoi sommes-nous en danger? Comme nous aspirons tout, nous accumulons aussi les polluants et les métaux lourds dans notre corps (mercure, plomb, BPC, organochlorés, etc.). Certes nous améliorons la qualité de l’eau mais c'est parfois au péril de notre santé et des bêtes qui nous consomment. Nous pouvons devenir des moules toxiques. La cueillette et la consommation des moules d’eau douce sont interdites de toute façon, car nous sommes en déclin.

Indicatrices de la santé du milieu, nous sonnons l'alarme. Nous vivons longtemps, au minimum 10 ans et jusqu’à 100 ans selon les espèces, et nous sommes plutôt sédentaires. Nous enregistrons l'évolution de l'état de santé ou de détérioration de notre milieu et donc du vôtre.

Outre la pollution des cours d’eau, certaines pratiques lors des activités forestières et agricoles ont un impact sur mon habitat, le milieu aquatique. Il y a souvent de l’érosion et de l’ensablement dans les rivières en forêt à la suite d’une coupe. En terres agricoles, si on cultive tout près du ruisseau sans laisser une bande de végétation, lors d’une forte pluie le sol labouré est transporté dans le ruisseau. De plus, sans bande riveraine, l’eau se réchauffe plus rapidement, et il y a également moins d’oxygène dans l’eau plus chaude. Tout cela entraîne la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats.

Les barrages et les digues nous causent bien des soucis. Ces ouvrages modifient les propriétés chimiques et physiques de l’eau. De plus, ils représentent des obstacles majeurs à la libre circulation des poissons qui sont indispensables pour compléter notre cycle vital. Les changements de niveau d’eau nous affectent également. L’ouverture des vannes d'un barrage a l'effet d'un véritable tsunami qui nous emporte ou nous enterre. Trop de sédiments fins en suspension dans l’eau interfèrent avec la filtration et peuvent colmater nos branchies et nuire à notre respiration. Pour ne pas suffoquer dans ce flot de particules, mieux vaut rentrer nos siphons et fermer nos coquilles en attendant que le calme revienne. Pendant ce temps notre croissance est ralentie et notre cycle de reproduction peut être perturbé.

Moules zébrées fixées sur une moule d'eau douceL’introduction d’espèces aquatiques exotiques envahissantes a un impact majeur. La moule zébrée et la moule quagga ont été introduites par l’évacuation des eaux de ballast des navires au début des années 90. Ces moules entrent en compétition avec nous. Elles se fixent sur notre coquille et nous ne pouvons plus nous déplacer. Encore plus dramatique, elles nous empêchent d’ouvrir et de fermer nos valves. Elles nous étouffent et nous affament en plus de nous épuiser, car il faut supporter leur poids. Nous croulons sous la charge et nous devons alors puiser dans nos réserves d’énergie qui diminuent et diminuent au point d'entraîner notre mort. L’impact de ces moules exotiques se fait le plus sentir dans les milieux aux fonds sableux ou limoneux. Les larves de ces envahisseurs, qui dérivent dans le courant, doivent se fixer sur une surface solide pour poursuivre leur croissance. Nos coquilles exposées dans le sable leur offrent, bien contre notre gré, cette surface.

Moules zébrées retirées d'une moule d'eau douce

Si les poissons sont menacés, nous le sommes aussi. Nous sommes absolument dépendantes de nos poissons hôtes pour compléter notre cycle vital. Nos larves doivent se fixer sur un poisson compatible pour poursuivre leur développement.

Mortalité massive de moules d'eau douce

Les changements climatiques jouent également contre nous. Nous subissons les hauts et les bas de la météo. Oups il pleut, oups il fait chaud, oups c’est la canicule et l’eau baisse, oups un orage violent et un coup d’eau. Le climat est devenu instable et les périodes de pluies diluviennes et de sécheresse sont de plus en plus fréquentes. Tantôt nous sommes délogées par les inondations, tantôt nous sommes exposées en plein soleil!

Comme si ce n'était pas déjà assez, l'une d'entre nous a connu des heures encore plus sombres. La mulette-perlière de l’Est (Margaritifera margaritifera) est la seule capable de produire des perles d'eau douce de façon naturelle. Cette espèce se retrouve à la fois dans le nord-ouest de l'Europe et au Canada. Depuis l'époque de la préhistoire, les hommes ont pêché des moules. Les fonds des rivières étaient pillés pour récolter des perles. Mais une moule sur mille seulement produit une perle! Imaginez combien d'entre nous ont été sacrifiées pour rien, afin de parer ces dames de bijoux. Lors du baptême de Louis XIII, Marie de Médicis portait une robe ornée de 32 000 perles d'eau douce. Faites le calcul!

Pêcheurs de moules d'eau douce avec une montagne de moules récoltées derrière euxLes perles d'eau douce sont des concrétions naturelles que nous produisons. Nous réagissons à la présence d'un corps étranger, le plus souvent un grain de sable, qui s'introduit entre la coquille et le manteau. Pour nous en débarrasser nous l'entourons de couches successives de nacre, cette matière brillante composée de cristaux d’aragonite qui pare l'intérieur de nos coquilles. Il n'y a pas deux perles d'eau douce identiques! Heureusement, aujourd'hui la très grande majorité des perles du monde moderne sont des perles de culture produites dans des fermes perlières en Polynésie. La perliculture utilise sensiblement les mêmes techniques que dans la nature. Il y a introduction d'un corps étranger dans une huître. Ce corps étranger est souvent un morceau de coquille de moule d'eau douce! La récolte des coquilles de moules d'eau douce est un marché qui rapporte de 40 à 50 millions de dollars par année aux États-Unis.

Différents boutons fabriqués en nacre de moule d'eau douceD'autres espèces de moules, ayant des coquilles plus épaisses, ont fait l'objet d'une exploitation commerciale. De 1880 à 1940, dans le bassin du Mississipi, aux États-Unis, il y a eu une véritable ruée vers la nacre. Les moules étaient pêchées pour fabriquer des boutons de nacre et des objets religieux. C'est l'arrivée des boutons en plastique qui a mis un frein à ce commerce.

Bien que tous ces commerces et cette quête de la perle rare soient choses du passé, ils nous ont grandement affectées. Sans compter tous les dangers auxquels nous sommes confrontées dans ce monde, pas facile la vie des mulettes.

Tous les goûts sont dans la nature

Je sais bien qu'être une moule, ce n'est pas très sexy! Il y a des animaux beaucoup plus populaires que nous. Notre apparence ne nous avantage certes pas, mais comme vous l'avez constaté notre rôle dans la nature est important. Dans le monde scientifique, nous sommes le groupe d'invertébrés le plus étudié.

Il parait que

Le mot Marguerite désignait autrefois la perle. D'où l'origine de Meleagrina margaritifera, nom de l'huître perlière, la méléagrine « porteuse de perles ». 

Le mot Marguerite désignait autrefois la perle. D'où l'origine de "Meleagrina margaritifera", nom de l'huître perlière, la méléagrine "porteuse de perles".

La présence de la mulette-perlière de l’Est dans la rivière Kamouraska lui a valu le nom de rivière aux Perles mais malheureusement, elle  est disparue de ce cours d’eau Son habitat a trop été perturbé et son poisson hôte principal, le saumon atlantique ne fréquente plus ce cours d’eau.

Le principal mollusque perlier est la grande huître méléagrine ou dite pintadine des mers tropicales. 99% des perles fines du commerce lui sont dues.

La présence de la mulette-perlière de l’Est dans la rivière Kamouraska lui a valu le nom de rivière aux Perles mais, malheureusement, elle est disparue de ce cours d’eau. Son habitat a trop été perturbé et son poisson hôte principal, le saumon atlantique, ne fréquente plus ce cours d’eau.

Le principal mollusque perlier est la grande huître méléagrine ou dite pintadine des mers tropicales. Une proportion de 99 % des perles fines du commerce lui sont dues.

En Bretagne, un programme de mobilisation pour le retour de la moule d'eau douce d'une durée de 6 ans a été mis sur pied. Il comprend plusieurs volets, dont l'élevage des larves en bassins et l'introduction des mulettes juvéniles en rivières. Les jeunes des écoles sont impliqués et ont produit des cahiers et une bande dessinée, les agriculteurs collaborent et les communautés locales participent. Des vidéos sont disponibles pour expliquer ce projet d'envergure appelé LIFE+.

De notre côté de l'Atlantique, nous faisons l'objet de recherches et de suivis. Huit espèces de moules figurent sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées comme menacées ou vulnérables au Québec.

Alasmidonte rugueuse (Alasmidonta marginata)

Alasmidonte rugueuse (Alasmidonta marginata)

Elle vit dans les cours d’eau petits, moyens ou grands. Elle préfère les fonds de gravier et de sable, un bon courant. Présente principalement dans le sud du Québec et quelques rares endroits sur la rive nord du fleuve. Espèce rarement rencontrée.Très sensible au déboisement des rives,
à la diminution de la qualité d’eau
et à la détérioration de son habitat.

Anodonte du gaspareau (Anodonta implicata)Anodonte du gaspareau (Anodonta implicata)
Elle vit dans les cours d’eau et les lacs que peuvent atteindre ses poissons hôtes principaux, le gaspareau et l’alose savoureuse.  Préfère les substrats de sable et de gravier avec un courant moyen à fort mais peut vivre dans des substrats plus fins et les zones à courant lent. Très sensible à l’infestation des moules envahissantes (moules zébrées et moules quaggas) et aux barrages qui limitent le libre passage de ses poissons hôtes.





Elliptio pointu (Elliptio dilatata)

Elliptio à dents fortes (Elliptio crassidens

Elliptio à dents fortes (Elliptio crassidens) et l’elliptio pointu (Elliptio dilatata)
Ils vivent dans les moyens ou les grands cours d’eau et ils sont trouvés souvent ensemble. Ils vivent dans une grande variété d’habitats (courant faible à rapide, substrats divers). Le déclin de ces deux espèces est dû entre autres à l’infestation des moules envahissantes, les moules zébrées
et les moules quaggas et à la détérioration de son habitat.

Mulette-perlière de l’Est (Margaritifera margaritifera)

Mulette-perlière de l’Est (Margaritifera margaritifera)
Elle vit dans les cours d’eau non calcaire que le saumon atlantique fréquente, son poisson hôte principal, ou les anciennes rivières à saumon. A la particularité de coloniser en grande densité les têtes de bassins versants. Adore les eaux fraîches bien oxygénées, les milieux ombragés. Très sensible aux barrages, au déboisement des rives et à la diminution de la qualité de l’eau.

Obovarie olivâtre (Obovaria olivaria)Obovarie olivâtre (Obovaria olivaria)
Elle vit dans les cours d’eau que l’esturgeon jaune, son poisson hôte principal, fréquente. Préfère les secteurs profonds des grandes rivières (au-delà de 3 m de profondeur), les zones à fort courant loin des rives, et les fonds de sable et de gravier, mais on la trouve aussi en dehors de ces habitats, aux endroits où il y a de l’esturgeon. Très sensible à l’infestation des moules envahissantes (moules zébrées et moules quaggas) et aux barrages qui limitent le libre passage de son poisson hôte, l’esturgeon jaune. 

Potamile ailé (Potamilus alatus)

Leptodée fragile (Leptodea fragilis)

Leptodée fragile (Leptodea fragilis) et la potamile ailé (Potamilus alatus)
Elles habitent les secteurs lents, dont les baies de grands cours d’eau. Elles sont trouvées souvent ensembles. Le poisson hôte du potamile ailé est le malachigan. Ce dernier est possiblement le poisson hôte de la leptodée fragile. Ces espèces sont sensibles aux perturbations de leurs habitats, dont les niveaux d’eau très bas.

En terminant, je souhaite qu’on se préoccupe de moi, de mes besoins et de ceux de mes poissons hôtes pour que je puisse prospérer au lieu de décliner. Mes semblables et moi pourront alors continuer de faire notre travail bénéfique dans les écosystèmes, et l’équilibre de ceux-ci pourra peu à peu se rétablir!

Pour en savoir plus

Musée canadien de la nature
Une sortie en plongée pour étudier les moules d’eau douce de la rivière des Outaouais

Bretagne vivante
La moule perlière d’eau douce

Wisconsin Historical Society
Photographies de la compagnie de boutons de perles Wisconsin Pearl Button Compagny (en anglais)

US Fish and Wildlife Service
Moules d'eau douce de la rivière Mississippi (en anglais)

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Jeux

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Mots clés :

faune, moules, mulette

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